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Une lauréate d’une bourse McCall – Comté de Huron réinvente la garde d’enfants pour les familles rurales

Hannah Wheeler a une vision audacieuse pour transformer la garde d’enfants dans son village natal de Lucknow, en Ontario. Cette lauréate d’une bourse McCall – Comté de Huron 2020 dirige actuellement Aaniin Collective, qui propose des soins holistiques axés sur la famille.

« Beaucoup de services de garde se concentrent uniquement sur l’enfant; je voulais repenser ce modèle pour en faire un service plus complet destiné aux familles, car même si nous travaillons toute la journée, quand les parents ne reçoivent aucun soutien, cela signifie que les enfants sont livrés à eux-mêmes tout le temps qu’ils passent à la maison. »

Chez Aaniin, Hannah ne se limite pas à garder les enfants de 9 h à 17 h : elle propose aussi aux parents des programmes après le travail afin de favoriser leur bien-être, de créer des espaces où les familles peuvent se retrouver et de leur fournir des ressources qui les aideront à comprendre les besoins de leurs enfants à mesure qu’ils grandissent. Ce soutien est particulièrement utile aux familles vivant en milieu rural, où les services sont rares et éloignés et disposent de peu de moyens.

Hannah a pris conscience de ces lacunes quand elle était au secondaire et qu’elle passait la majeure partie de son temps à garder les enfants de son quartier.

« Garder les enfants était un boulot, mais cela m’a vraiment aidée à nouer des relations avec la communauté. » Elle a constaté que le manque de ressources touchait tout le monde, pas seulement les parents. C’est ce qui l’a amenée à faire du bénévolat et à militer pour le bien-être de la communauté.

À l’École secondaire F. E. Madill, Hannah s’est faite la porte-parole des élèves au sein du conseil des élèves de l’établissement et du sénat des élèves du conseil scolaire du district d’Avon Maitland, où elle a organisé une semaine de sensibilisation à la santé mentale afin de promouvoir la gestion du bien-être et les stratégies d’adaptation auprès des élèves. En dehors de l’école, elle a été bénévole pour Mental Health Matters Wingham, où elle soutenait la formation offerte à la communauté et l’élaboration de ressources pour les personnes en attente de soins appropriés.

Ayant grandi dans une famille à la fibre entrepreneuriale, Hannah a également développé très tôt le sens de l’initiative. Quand elle a appris qu’une salle communautaire allait être rasée parce qu’elle était inutilisée, elle s’est jointe à un comité de bénévoles dont la mission était d’amasser des fonds et de mobiliser les soutiens nécessaires à la rénovation du bâtiment en vue d’accueillir des événements et des repas communautaires qui favorisent les liens sociaux.

Au cours de sa dernière année du secondaire, elle a découvert la bourse McCall – Comté de Huron, qui, selon elle, proposait quelque chose de différent.

« J’aimais beaucoup le fait qu’elle considérait la personne dans son ensemble, pas uniquement son dossier scolaire. Même si j’avais de bonnes notes à l’école, je n’ai jamais été première de classe. Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir appliquer dans la vraie vie les notions apprises à l’école. Et c’est justement ce sur quoi la bourse met l’accent : « Qu’espères-tu faire après le secondaire? Comment mettras-tu à profit ta formation scolaire et ton expérience de bénévolat dans ton milieu? »

Animée par une envie de changer les choses, Hannah est entrée à l’Université de Guelph, où elle était inscrite au programme d’études de l’enfance. Cependant, elle s’est heurtée à un obstacle.

« C’était en 2020, j’étais en première année et les occasions de s’impliquer n’étaient pas aussi nombreuses. On ne pouvait même pas organiser la foire des clubs étudiants et les autres activités du genre. »

Vu le peu d’activités offertes sur le campus, Hannah a continué de participer à des initiatives dans le comté de Huron. « Durant les premières années, je me suis vraiment investie dans le bénévolat dans mon village, car je ne voulais pas perdre cela », dit-elle. Elle a contribué à mener à bien le projet de l’aire de jeu de la salle communautaire St. Helen’s, bâtiment qu’elle avait aidé à sauver, et a siégé au conseil d’administration pour en gérer le fonctionnement.

Pandémie ou pas, Hannah admet qu’il peut être assez difficile de s’intégrer dans une nouvelle communauté. « Dans le comté de Huron, on est toujours entouré de gens qui nous connaissent et nous soutiennent, affirme-t-elle. Cela peut rendre le départ pour l’université assez angoissant. »

À ce sujet, elle a trouvé rassurants les contacts réguliers avec le personnel du programme de bourses. « Je me souviens des courriels de l’équipe du programme pendant le confinement, qui disaient des choses comme : “Nous aimerions discuter avec toi et savoir comment ça se passe”, raconte-t-elle. C’était formidable de sentir que quelqu’un était là pour prendre de mes nouvelles chaque semestre. »

Finalement, quand les restrictions se sont assouplies, Hannah s’est mise à rechercher les activités sur le campus. Elle a fait du bénévolat pour la College Royal Society afin d’organiser les traditionnelles portes ouvertes de l’Université, événement qui rassemble la communauté autour de l’établissement. Elle s’est aussi mise à proposer des services de garde d’enfants à des familles de Guelph.

« J’ai parcouru le campus, j’ai parcouru la ville, relate-t-elle. Je sais qu’on a tendance à ne consulter que les courriels de l’Université et les réseaux sociaux, mais il y a beaucoup d’affiches autour du campus. Le simple fait d’écouter les conversations des gens, de s’arrêter pour leur parler et d’avoir ces véritables interactions humaines peut déboucher sur des possibilités intéressantes. »

Grâce à cette stratégie et à son boulot de gardienne d’enfants, Hannah a rencontré un groupe de mères de Guelph qui s’était formé dans le but d’organiser des activités destinées aux familles. C’est là qu’elle a pris connaissance des formes de soutien proposées aux jeunes familles en milieu urbain. Par la suite, elle est entrée en contact avec le centre ON y va de Guelph, où elle a effectué du bénévolat, puis un stage.

Diplôme et certificat d’éducatrice de la petite enfance en poche (obtenus en même temps), Hannah savait exactement quelle serait la prochaine étape. Elle savait qu’elle voulait inspirer une philosophie de la garde d’enfants différente et que la façon d’y arriver passait par l’entrepreneuriat. Bien qu’elle ne s’occupe que de six enfants à l’heure actuelle (conformément à la réglementation provinciale), elle compte plus de 40 inscriptions sur sa liste d’attente. Elle espère agrandirl’Aaniin Collective, engager davantage de personnel et ouvrir d’autres centres.

Hannah attribue à la bourse le mérite de lui avoir ouvert des occasions d’apprentissage et de croissance. « Il y a beaucoup à dire sur le fait que lorsqu’on est préoccupé par autre chose, cela se répercute sur la capacité à se concentrer sur ce qu’on a sous les yeux. La bourse m’a aidée à m’adapter en douceur et à mieux réussir dans l’ensemble de mon programme d’études. »

Hannah est restée en contact avec l’équipe des bourses, pour qui elle a fait du bénévolat dans le cadre des entretiens de sélection qui se tiennent chaque année dans le comté de Huron.

« Ce que je dirais aux candidats et aux candidates, c’est de rester eux-mêmes ou elles-mêmes : le programme veut savoir qui vous êtes, et vous avez déjà fait le gros du travail. Ce travail, c’était de faire preuve d’assiduité dans vos activités de bénévolat et vos études, de vous tailler une réputation dans votre milieu afin d’obtenir des recommandations; c’était le travail que vous avez effectué tous les jours. Ne cherchez pas à vous diminuer ou à vous agrandir. »